In-Depth

Soluce & Commentaire historique de “La Pucelle d’Orléans” (Age of Empires 2 : Jeanne d’Arc, niveau #2)

Do you wish to read this blog post in English?

Age of Empires 2 m’a fait tombé amoureux de Jeanne d’Arc. Il s’agit d’un amour dont je n’ai jamais guéri. Comme le dit Ovide : « Quod nullis amor est sanabilis herbis ». Il n’existe aucun remède à l’amour.

Tower. Beaurevoir. Joan of Arc. John of Luxembourg.
Tower of Beaurevoir © Stéphane Bloch, 19/07/2013

Une fois entré à l’université, j’ai redécouvert Jeanne d’Arc à la lumière de mes études. Elle m’apparaissait désormais au travers des recherches historiques et des sources d’époque. J’ai entendu sa voix en lisant son procès. J’ai perçu sa fière allure à la lecture des chroniques. Ensuite j’ai visité la Picardie et j’ai découvert des endroits où elle s’était rendue. J’ai marché au pied de la tour, à Beaurevoir, dont elle aurait sauté pour tenter de se sauver des Anglais.

Dans les paragraphes qui suivent, je vais démonter pièce par pièce le scénario du siège d’Orléans dans Age of Empires 2. Néanmoins, il s’agit bien d’une lettre d’amour. Age of Empires 2 est un jeu fantastique pour découvrir le Moyen Âge et s’intéresser à son histoire. Il y a beaucoup à redire sur les scénarios et l’encyclopédie du jeu, mais ce n’est que pour le mieux.

Tower. Beaurevoir. Joan of Arc. John of Luxembourg.
Tower of Beaurevoir, from afar © Stéphane Bloch, 19/07/2013

Intro

26 mars, Chinon

Remettre toute sa confiance en une jeune fille, pour une bande de soldats abattus, ce n’est pas rien. Mais pour cette jeune fille, se retrouver à la tête de l’armée de toute une nation, c’est bien autre chose.

Nous étions gonflés d’orgueil quand nous avons entendu les hérauts du Dauphin déclarer Jeanne la Pucelle, Chef de l’Armée de France.

Pour que Jeanne ait l’allure d’un général, le Dauphin lui a offert un cheval de bataille et une armure blanche.

Jeanne m’a chargé d’aller chercher une ancienne épée sous l’autel d’une église.

J’étais sceptique et pourtant non seulement les hommes ont déterré un fer rouillé mais nous avons découvert que cette épée avait appartenu à Charlemagne, le père de la France. Je ne douterai plus jamais de ses paroles. La fleur de lys se voyait encore sur la poignée.

Jeanne a adopté la fleur de lys comme symbole, qu’elle a fait représenter sur son étendard de bataille. Partout où Jeanne allait, son étendard la suivait. Et il nous a accompagné jusqu’à Orléans.

La ville d’Orléans est l’une des plus belles villes de France mais elle est assiégée par nos ennemis, l’Angleterre et la Bourgogne et elle est sur le point de succomber.

Cette guerre dure depuis cent ans avec de rares victoires françaises. Le peuple d’Orléans a besoin d’un sauveur. Ils auront Jeanne d’Arc.

Illuminated Manuscript. Brussels, KBR, ms. 9392. Christine de Pisan. Loyset Liedet. Jean Miélot. Pentesilea. Queen of the Amazons. Women in Armours.
Pentesilea, Queen of the Amazons, leading the charge – Bruxelles, KBR, ms. 9392, f. 18v

Commentaire

Ce texte est magnifique et il nous investit de façon très émotionnelle dans les aventures de Jeanne. Toutefois, il est parsemé d’erreurs…

Si les frères de Jeanne d’Arc ont été anoblis après la victoire d’Orléans, elle-même ne reçut jamais le moindre titre officiel au sein de l’armée du roi. Le « chef de l’armée de France » était le connétable, et ce titre appartenait en 1429 à Arthur de Bretagne, comte de Richemont. Il s’agissait d’un titre détenu à vie, et si le connétable de Richemont était en disgrâce en raison de ses partis-pris et de ses actions politiques, il disposait toujours de son titre. En dessous du connétable se trouvaient les maréchaux, et ces fonctions étaient également occupées.

La célèbre épée de Jeanne d’Arc, déjà célèbre de son vivant, n’avait pas appartenu à Charlemagne. Ici, les auteurs du scénario commettent plusieurs erreurs. Tout d’abord, il eut été impossible qu’une épée ayant appartenu à Charlemagne fût ornée d’une fleur de lys. Le principe des armoiries ne vit le jour qu’au XIIe siècle. Ce n’est pas avant cette époque que les rois de France adoptèrent la fleur de lys comme emblème. Ensuite, l’épée fut tout simplement prise à l’église de Sainte-Catherine-de-Fierbois, où Jeanne se rendit en pèlerinage et prière avant d’atteindre Chinon. Plusieurs épées y avaient été laissées en ex-voto et l’une d’entre elle attira certainement l’intérêt de Jeanne, mais il ne faut pas croire que l’épée fut trouvée par miracle.

Enfin, quand Jeanne arriva à Orléans, les Bourguignons n’assiégeaient plus la ville. Suite à une manœuvre diplomatique aussi rusée que risquée, Poton de Xaintrailles, le frère d’armes de La Hire, offrit d’ouvrir les portes de la ville au duc de Bourgogne si ce dernier acceptait d’en assurer la protection. Rien n’aurait fait plus plaisir à Philippe le Bon, mais cette éventualité fâcha le duc de Bedford, régent de France. Les deux hommes n’étaient plus en très bons termes depuis le décès d’Anne de Bourgogne, épouse de Bedford et sœur de Philippe le Bon. Ce dernier décida donc de lever le siège et de laisser les Anglais seuls devant Orléans…

1.1. La carte du jeu

Age of Empires 2 (1999). Joan of Arc's Campaign. Scenario 2: The Maid of Orléans
Age of Empires 2 (1999). Joan of Arc’s Campaign. Scenario 2: The Maid of Orléans

Telle qu’est présentée la carte du second scénario de Jeanne d’Arc, on trouve tout d’abord trois villes françaises : Chinon et Blois, au sud de la Loire, contrôlées par l’intelligence artificielle, et Orléans, au nord de la Loire, dont le joueur prend le contrôle dès qu’il y parvient.

Orléans est menacée par quatre forteresses britanniques. Les deux forteresses au nord produisent des fantassins à épée longue, d’autres fantassins à arc longs et des mangonneaux, tandis que les deux forteresses au sud produisent des béliers et des chevaliers.

Enfin, les Bourguignons participent encore au siège, même si cela constitue une erreur historique. Ils menacent notamment Orléans avec leurs piquiers et d’autres types d’unités.

Compte tenu que ces unités viendront assaillir le joueur continuellement, il devra se parer d’unités de plusieurs types pour contrer l’intelligence artificielle de façon efficace. Or, avec une population maximale bloquée à 75 unités, cela pourra s’avérer difficile à accomplir tout en maintenant une économie stable et bien équilibrée…

En outre, le joueur peut rencontrer quelques dangers sur la route, entre Chinon et Blois, notamment, mais surtout à l’entrée du pont de la Loire, où une troupe bourguignonne importante l’attend au pied d’une vilaine tour.

1.2. Orléans encerclée

Map. Orléans. 1428, 1429. Joan of Arc. Jollois. Harttweig
Plan de la ville et du siège d’Orléans en 1428. Jollois restituit ; Harttweig sculpsit

Comme nous l’avons déjà précisé, les Bourguignons n’étaient plus présents au siège d’Orléans quand Jeanne d’Arc vint au secours de la ville. En revanche, Orléans était encerclée par un véritable chapelet de forteresses et de bastilles occupées par les Anglais. Sur la rive droite, à l’Ouest d’Orléans, les bastilles étaient d’ailleurs gouvernées par Jean Talbot en personne, un chevalier de l’ordre de la Jarretière qui donnait bien du fil à retordre aux Français depuis son arrivée sur le continent. Les Anglais disposaient encore d’une ou l’autre bastille à l’est, mais ils bloquaient principalement le pont de la Loire en occupant la bastille des Tourelles, directement au sud d’Orléans. Pour cette raison, les habitants de la ville avaient saboté le fameux pont et il était en vérité infranchissable, ce qui n’est pas reflété dans le scénario d’Age of Empires 2.

Pour se défendre, Orléans disposait de puissantes murailles, garnies d’une trentaine de tours. Les faubourgs de la ville, de surcroît, avaient été bardés de barricades pour entraver l’accès à la ville aux Anglais. Les églises pouvaient également servir de lieux fortifiés. Toutefois, Orléans se trouvait peu à peu asphyxiée et le besoin de ravitaillement se faisait chaque jour plus urgent.

2.1. Les étapes du scénario

Le second scénario de la campagne de Jeanne d’Arc nous réserve quelques petites surprises, mais il se joue de façon assez linéaire. Le duc d’Alençon rencontre Jeanne dès les premières secondes de la partie et s’avance vers elle, sur son magnifique destrier. « Je suis le duc d’Alençon, Madame. Je serais fier de vous accompagner jusqu’à Orléans. »

De là, Jeanne, Alençon et la petite troupe quitte Chinon, dans le coin inférieur de la carte, pour se rendre à Blois, au Nord-Ouest. Une petite embuscade attend le joueur sur la route, mais quand il parvient à Blois, le joueur obtient un grand nombre de chevaliers et plusieurs charrettes de ravitaillements, qu’il doit escorter jusqu’au Forum d’Orléans, au Nord de la Loire.

Map. Orléans. 1429. Bridge. Loire. Jollois.
Plan de l’ancien Pont d’Orléans et de ses abords avec ses bastilles et boulevards, le fort des Tournelles et la bastille des Augustins. Jollois restituit

En sortant de Blois, le joueur peut suivre le chemin de terre, mais il tombera alors sur une troupe bourguignonne, et passer le pont de la Loire relèvera d’un véritable défi. S’il explore les berges du fleuve, en revanche, le joueur pourra trouver quelques embarcations qui lui permettront de franchir l’eau sans être ennuyé, et de parvenir indemne à Orléans.

Dès que le joueur entre dans Orléans par le Sud (s’il a traversé le pont) ou le Sud-Ouest (s’il a emprunté les embarcations), il prend possession de la ville et sa mission principale devient d’en défendre la cathédrale des assauts britanniques et bourguignons. Afin de gagner la partie, il doit abattre au moins un château anglais, maintenir la cathédrale debout et s’assurer que Jeanne reste en vie.

Cathédrale d’Orléans, vue depuis les toits de la ville.

La méthode la plus facile consiste à passer à l’Âge des Châteaux sitôt que les charrettes de ravitaillement parviennent au Forum d’Orléans. Ensuite, il suffit de repasser la Loire avec quelques villageois et de construire un Atelier de Siège à proximité de la forteresse anglaise la plus au Sud de la carte. Quelques béliers suffisent pour percer une faille dans les remparts et démolir le château qui s’y cache et terminer le scénario endéans les quinze minutes, montre en main. Il n’est pas même nécessaire d’amener les chevaliers trouvé à Blois jusqu’à Orléans, ils peuvent s’engouffrer dans la forteresse anglaise dès qu’une brèche est faite et aider à détruire le château ennemi, qui ne dispose pas de la technologie « meurtrières » pour se défendre.

2.2. La véritable histoire

Map. Orléans. 1429. Joan of Arc. Boucher de Molandon. Eugène Moreau.
“Orléans, la Loire et ses îles lors du siège de 1429. Première expédition de Jeanne d’Arc : ravitaillement d’Orléans”

Tout d’abord, le Duc d’Alençon n’a rien à faire dans ce scénario. Il n’intervient que plus tard dans la saga de Jeanne d’Arc, notamment au siège de Paris. Le véritable personnage historique ayant supervisé les opérations militaires du côté français, lors du siège d’Orléans, était Jean Dunois, le bâtard d’Orléans. Il y avait également La Hire, que le joueur d’Age of Empires 2 ne rencontre qu’à la mission suivante.

En résumé, l’armée française dirigée par le maréchal de Boussac, en compagnie La Hire, Jeanne d’Arc et un convoi de ravitaillements, voyagent depuis Blois jusqu’à Orléans. Afin d’atteindre la ville assiégée, ils décident de la contourner par l’est et de traverser la Loire à l’aide de navires de transports. Le bâtard d’Orléans attend le convoi de pied ferme pour superviser la traversée.

Dunois (le bâtard d’Orléans) et saint Jean l’apôtre observant le Jugement Dernier ~ London, BL, Yale Thompson MS 3, f. 32v.

Quand elle rencontre Jean Dunois, Jeanne d’Arc est énervée. Elle demande pourquoi ils ne franchissent pas la Loire à l’Ouest, où les Anglais se sont le plus lourdement fortifiés, là où se trouve leur commandant Jean Talbot. Jean Dunois est épaté par l’audace de la jeune femme. Elle lui rétorque que le conseil de Dieu, qu’elle reçoit, est certainement meilleur que le sien. Jusque-là, le vent empêchait la traversée du fleuve. Quand Jeanne finit de parler, il tourna. Des années plus tard, le bâtard d’Orléans interprétera ce moment comme un « droit miracle ».

Le maréchal de Boussac et l’armée française, toutefois, tournent les talons et retournent à Blois. Jeanne d’Arc, La Hire et les ravitaillements franchissent la Loire. Ils se reposent brièvement avec Jean Dunois à Reuilly, puis font route vers Orléans. Les Anglais en garnison à la bastille de Saint-Loup tentent une sortie pour attaquer le convoi, mais sont distraits par des troupes qui jaillissent en renfort d’Orléans. Jeanne et les ravitaillements arrivent intacts dans la ville, pour le plus grand bonheur des habitants. L’un d’entre eux s’approchent si près de Jeanne pour l’observer qu’il met feu à sa manche avec une torche, mais la catastrophe est écartée.

Loin de diriger les opérations, Jeanne est maintenue dans le noir. Rien ne lui est communiqué, le bâtard d’Orléans et les capitaines fidèles à la cause des Valois discutent de stratégie sans elle. Quand elle se réveille d’une sieste, elle dit avoir rêvé que le sang français était versé. Elle se pare de son armure et galope à tout rompre hors d’Orléans. Elle rejoint en vitesse les troupes françaises qui assaillent la bastille de Saint-Loup, et celle-ci est prise.

La bastille des Augustins tombe ensuite, puis la prochaine bastille attaquée est celle des Tourelles, de l’autre côté du pont de la Loire. Pendant toute la journée, les troupes françaises ne parviennent pas à s’emparer de la place. Néanmoins, grâce aux ultimes encouragements de Jeanne, les Français reprennent courage et conquièrent la bastille. La voie est libre pour l’armée française de venir depuis Blois sans entrave jusqu’à Orléans. Jean Talbot est contraint de plier bagages et il évacue les forteresses campées autour de la ville assiégée.

La libération de la Loire peut enfin commencer.

Outro

Jeanne a prédit qu’elle serait blessée à Orléans. Au point culminant de la bataille, un carreau d’arbalète l’a frappée, la faisant tomber de son cheval. Nous ne pouvions croire à notre malchance.

Mais tandis que nous transportions Jeanne à l’écart du carnage, nous avions remporté la bataille. Orléans était libérée.

Quand nous sommes entrés dans la ville, la population tout entière nous acclamait des fenêtres, sur les toits et dans les rues.

Ils ont tiré des coups de canon dans la nuit et crié à tue-tête le surnom de Jeanne : ‘La Pucelle’ – La Pucelle d’Orléans.

Commentaire

Jeanne d’Arc a bel et bien bien prédit sa blessure. Tandis qu’il est en voyage à Lyon pour son seigneur, le duc de Brabant, le sire de Rotselaar donne des nouvelles de la cour de Charles VII. Sa lettre, datée du 22 avril 1429, mentionne qu’une jeune femme a promis de libérer Orléans, mais qu’elle serait blessée durant les combats. L’attaque de la bastille des Tourelles se joue deux semaines après l’envoi de cette lettre, et durant l’assaut, Jeanne est en effet frappée au matin d’un projectile dans l’épaule. Sa prédiction est relatée par d’autres sources. Les historiens en sont encore étonnés aujourd’hui.

Jeanne, blessée, pleure. Mais elle refuse d’être soignée à l’aide de « sortilèges ». Elle retire elle-même la flèche de son épaule, n’ayant rien d’autre pour soulager sa peine qu’un bout de tissu et de de l’huile d’olive. Elle retourne aussitôt au combat. Au soir, la journée semble perdue, mais elle insiste. « Ne craignez pas, la place est nôtre ! » s’écrie Jeanne quand elle voit son étendard près des murs de la bastille, et indique que c’est là qu’il faut attaquer. Les Français reprennent courage et conquièrent enfin les Tourelles, dans un ultime assaut qui gravera toutes les mémoires.

Le soir se prête aux célébrations, mais il n’y a pas de coups de canons tirés dans la nuit. Le canon était tiré pour marquer le début officiel d’un siège. Les cloches de la ville, en revanche, sonnèrent toutes de concert. Recueillis dans les églises, les habitants d’Orléans et leurs défenseurs chantèrent le Te Deum Laudamus, que Jeanne avait fait chanter à l’armée française au départ de Blois. Ce n’était pas Jeanne, mais Dieu, que l’on remerciait pour la victoire.

Fermez les yeux et imaginez vous à Orléans, au soir de la victoire, par la magie intemporelle de la musique et des chants grégoriens.

 Trois anecdotes truculentes du siège

L’ultime assaut de la bastille des Tourelles donna lieu à de grands moments, qui méritent d’être remémorés.

Le pont de la Loire avait été détruit, mais voyant que le combat s’éternise, les habitants d’Orléans décident de venir en aide à leurs alliés. Ils jettent des planches en bois au travers du pont. Le premier à oser s’avancer sur ces constructions de fortune est un chevalier de l’ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, Nicolas de Giresme. Alors qu’il franchit le pont sans que la planche ne cède sous lui, on crie au miracle.

Les capitaines anglais dans la bastille des Tourelles, en revanche, voient le pont levis s’écrouler sous eux et se noient dans la Loire. D’après un marchand italien, cela tient d’un navire de démolition, préparé par Jeanne d’Arc, et avancé sous le pont au moment le plus fatidique.

Enfin, alors que les Anglais évacuent leurs bastilles, un prisonnier de guerre, le bâtard de Bar, parvient à s’échapper de la façon la plus originale du monde. Il se fait porter par le prêtre-confesseur de Jean Talbot en personne jusqu’à Orléans ! Non seulement vient-il renforcer ses amis, mais il leur apporte un informateur de rêve.

Les historiens débattent encore aujourd’hui pour déterminer l’impact réel de Jeanne sur le commandement de l’armée française. S’il est désormais exclu qu’elle ait dirigé elle-même les troupes, les plus audacieux prétendent qu’elle a laissé derrière elle un « héritage ». Elle allait au-devant du danger et ne reculait devant rien. En cela, toutefois, elle était une parfaite élève de La Hire, la sagesse et l’expérience en moins. Pourtant, sans elle, il est indéniable que les Tourelles n’auraient pas été conquises et que le siège d’Orléans aurait pu s’enliser davantage.

Les Anglais étaient en mauvaise posture. Leur alliance avec les Bourguignons fondait comme neige au soleil et le comte de Salisbury, leur génie militaire, était mort aux premières heures du siège d’Orléans. La ville, en revanche, était défendue par les capitaines d’armées les plus retords et les plus braves de l’armée française. La Hire, Poton de Xaintrailles, leurs frères et leurs amis, ils étaient tous là. Ils n’avaient aucun titre pompeux, mais ils étaient de véritables professionnels de la guerre.

Jeanne d’Arc ne jeta jamais que de l’huile sur le feu, alors que les braises étaient encore chaudes et que le vent avait déjà commencé à tourner. Cela ne retire néanmoins rien à son courage, à sa vaillance et à son charme, consacrés à jamais par l’histoire.

1 thought on “Soluce & Commentaire historique de “La Pucelle d’Orléans” (Age of Empires 2 : Jeanne d’Arc, niveau #2)”

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.